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mercredi 17 novembre 2010

Conférence Libre Accès : Défendre les libertés publiques et préserver les biens communs

Le 14 novembre dernier, le collectif Libre Accès a organisé une rencontre sur le thème "Garantir les libertés publiques pour préserver les biens communs (Lutter contre les nouvelles enclosures)" au Ministère de la Crise du Logement. Dans la première partie, la loi LOPPSI2 et les inquiétudes sur les libertés publiques :
- Jean Baptiste Ayrault de l’association Droit au Logement
- Mathieu Pasquini Co-président de Libre Accès Inlibroveristas
- Fabrice Epelboin Read write web
- Michel Sitbon Collectif contre la xénophobie
- Jérôme Thorel Privacy France

Dans un deuxième temps, la nécéssité de préserver les biens commun contre le projet international ACTA :
- Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation
- Jean-Pierre Berlan, ancien Directeur de recherche en agronomie à l’INRA
- Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie, membre de la commission
Environnement et de l’Internet Core Group
- Benjamin Bayart, président de FDN
- Christine Tréguier auteur, journaliste
- Jérôme Martin, Commission Internationale d’Act Up-Paris
- Jérémie Nestel, Co-président de Libre Accès, Trésorier des MACAQ

      

LOPPSI2

La loi LOPPSI2, en cours de finalisation au Sénat, regroupe une foule de mesure très variées autour de la sécurité intérieure. Les intervenants dénoncent à l'unanimité un tournant de plus vers la logique du tout-sécuritaire, avec un dangereux glissement des pouvoirs vers l'administration ou les préfets au détriment du juge. Droit Au Logement et le collectif Intersquatt s'inquiètent de procédures d'expulsions simplifiées, ainsi que d'un durcissement des sanctions pénales envers les militants, et la légalisation de leur fichage. Big Brother Awards remarque ce sur point que la CNIL ne joue plus son rôle de contre-pouvoir envers l'administration, se limitant depuis plusieurs années aux fichiers du secteur privé. Act-Up nous alerte sur l'institution de dépistages VIH obligatoires chez "toute personne susceptible d’avoir contaminé un policier, magistrat ou personnel pénitentiaire". Michel Sitbon du collectif contre la xénophobie dénonce un climat sécuritaire donnant des pouvoirs disproportionnés aux préfets et à l'administration, et des lois visant explicitement certaines catégories de la population comme les gens du voyage. C'est surtout l'article 4 de la Loppsi2 qui inquiète les acteurs du monde libre et de l'internet, comme la Quadrature du net, Big Brother Awards, In Libro Veritas et Read Write Web. Cet article institue le filtrage de sites dans le cadre de la lutte contre la pédopornographie, mais tous s'inquiètent des extensions possibles à d'autres types de site avec des risques sur la liberté d'expression sur internet. D'autre part, ce filtrage ne supprime pas les données du web, et sera donc inefficace pour ceux qui savent le contourner techniquement. Les associations nous invitent à écrire ou appeler nos députés pour leur faire part de notre inquiétude.

     

ACTA

Cet accord international qui devait au départ protéger les marques contre la contrefaçon, étend son champ d'action aux droits d'auteurs sur internet et aux brevets pharmaceutiques et agroalimentaires. Les négiociations ont lieu entre gouvernements occidentaux et lobbies dans la plus grande opacité.

Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation, insiste sur l'absurdité de la notion de propriété intellectuelle, regroupant sous le même terme des questions fondamentalement différentes. Jacques Berlin de l'INRA, nous interpelle quant à lui sur les brevets sur le vivant, maintenant les agriculteurs dans la dépendance vis à vis des sémenciers. Ces deux intervenants, qui mènent ensemble une réflexion de longue date sur ces sujets, s'accordent sur l'importance des questions sémantiques dans le débat, les notions de « propriété intellectuelle » ou «d' organisme génétiquement modifiés » étant des termes à consonance positive inventés par les multinationales profitant de ce marché. Jerôme Martin d'Act-Up s'indigne des conséquences des brevets pharmaceutiques sur la santé des pays pauvres. Le traité Acta souhaite en effet renforcer les brevets pharmaceutiques, et entraverait donc la diffusion des médicaments génériques beaucoup moins chers. Pour ce qui est d'internet, La Quadrature du Net de la FDN nous alertent sur la pression sur les Fournisseurs d'Acces à Internet par le traité ACTA. En effet, si le FAI est responsable des contenus, une censure interne pourrait s'exercer par les fournisseurs eux-mêmes. D'autre part, ACTA permettrait à des organismes privés d'établir la preuve matérielle de contrefaçons, ce qui mettrait ces entreprises dans une position de juge et partie. La député européenne Sandrine Bélier était également présente pour nous faire part de son opposition, avec d'autres parlementaires européens, au projet de traité ACTA qui faisait l'objet de négociations totalement opaques. Le parlement européen a déjà massivement voté en avril dernier. une résolution pour une transparence des négociations. Elle nous invite à contacter les députés européens pour tirer la sonnette d'alarme à ce sujet.

     

En conclusion, il reste beaucoup à faire pour informer nos concitoyens sur ces sujets très peu connus du grand public, mais qui concernent l'avenir de tous. Nous avons encore la chance d'avoir un internet "libre et ouvert" pour faire circuler nos idées, alors ne nous en privons pas et utilisons-le pour pallier à la défaillance des grands médias sur ces sujets fondamentaux, par exemple en envoyant cet article autour de vous.
Quelques liens complémentaires :

http://www.laquadrature.net/fr/acta-un-accord-ringard-qui-doit-etre-rejete
http://www.april.org/publication-april-synthese-sur-les-drm
https://xcase.wordpress.com/2010/02/26/acta-hadopi-loppsi2-et-cloud-computing-compatibles/

     

jeudi 11 novembre 2010

Après les retraites c'est maintenant au tour du chômage de passer à la casserole. Ca sent le cramé. Mobilisons nous !

Après le dossier des retraites (qui n'est pas clos), le gouvernement va s'attaquer à celui de l'UNEDIC. Chômeurs, travailleurs précaires, intermittents, ça va être à nous. Les conseillers de Sarkozy s'indignent déjà de ces annexes 8 et 10 trop coûteuses, louches, donnant le déplorable et dangereux exemple (heureusement imparfait!) d'une possibilité de prise en charge collective des aléas du travail précaire, qui déborde aujourd'hui largement le champ de l'intermittence. Les négociations commencent ce mois ci et devraient se boucler en janvier. En ce qui concerne l'intermittence, ce qui sera cette fois mis sur la table nous a déjà été suggéré il y a quelque temps : passage des techniciens (annexes 8) à l'annexe 4 (celle des  intérimaires). Ce qui, à court terme, condamne également les annexes 10 (artistes), qui ne pourront jamais tenir seuls dans un système d'indemnisation par essence mutualiste.
Cette stratégie du "diviser pour mieux régner" classique, est ici si grossière que, on l'espère, personne n'en sera dupe. Mais il semble que cette fois, on soit sérieusement décidé à acter cette proposition.
Les évolutions/involutions du système d'indemnisation de l'intermittence depuis 2003 nous ont déjà tous fragilisés. Par ailleurs, du côté des politiques culturelles : l'acharnement des mesures de contrôle sur les compagnies et, plus largement, dans tout le spectacle vivant ; les restrictions budgétaires généralisées ; l'accélération de la mise en concurrence, tant entre individus qu'entre structures ; la fragilisation du financement des collectivités locales ; les effets d'annonces illisibles et sans suite du comité de pilotage pour la création, préparant la décrédibilisation définitive d'un ministère de la culture déjà mal en point etc. referment, autrement, mais tout aussi efficacement, les espaces de création, de travail, de recherche, de liberté, d'emploi.
Donc, à l'appel de la coordination des intermittents et précaires de d'Ile de France, une A.G est organisée au Théâtre de l'Echangeur le lundi 15 novembre à 18H30 pour voir où, comment et quand nous faire entendre avant, et pour ne pas, qu'on nous brade.
Ou, dit autrement : avant, et pour ne pas, qu'on brade les droits sociaux au profit du bouclier fiscal.
Seront présents des gens du CRAC, du Syndeac, du Collectif 93, la Coordination, et tous ceux qui se sentiront concernés.

ASSEMBLEE GENERALE
LUNDI 15 NOVEMBRE A 18H30
AU THEATRE DE L'ECHANGEUR À BAGNOLET
59 AV DU GENERAL DE GAULLE

Métro Gallieni